De la Religion

De la Religion Discours aux personnes cultivées d’entre ses mépriseurs (1799)

Traduction de l’allemand, introduction et notes de Bernard Reymond

Le théologien Paul Tillich a écrit de Schleiermacher qu’il « est le père de la théologie protestante moderne ». Quand on considère que les Discours vont d’une réflexion sur « l’essence de la religion » à une autre sur « les religions », on devine en effet toute la modernité d’une telle démarche. Schleiermacher a été pasteur, professeur de philosophie et de théologie à Halle et surtout Berlin, dont il fut alors la figure phare en regard, voire en contrepoint, de celle de Hegel à la même époque. (Tous les étudiants allemands jusqu’à nos jours ont fréquenté sa traduction et ses commentaires des Dialogues de Platon.)

C’est à l’âge de 31 ans, qu’il publie, dans une perspective apologétique et avec la flamme d’un certain romantisme, son De la religion. Marqué par Kant, mais surtout Platon et Spinoza (« le saint réprouvé »), il répond là, avec verve, vivacité, profondeur et une argumentation serrée, aux détracteurs de la religion, tels que nous les rencontrons encore si souvent aujourd’hui ! Schleiermacher définit la religion avec les notions complémentaires de sentiment et d’intuition, de contemplation de l’Univers,… par quoi il faut entendre un humble accueil de l’Infini en nous et une ouverture de notre coeur à l’Univers(el) qui nous dépasse et qui transcende toutes nos catégories mentales. Refusant à la fois une approche trop cérébrale de la religion et une approche d’ordre moral, qui la réduirait à son utilité, Schleiermacher souligne cette gratuité de la démarche religieuse, sans mainmise rationnelle de notre part sur Dieu.

Mais attention, le sentiment n’est pas l’émotion subjective, éphémère et facile ; l’accueil qui le caractérise est effort, voire ascèse exigeante de l’esprit, et Schleiermacher de stigmatiser tous ceux qui ont des accès de mysticisme, comme d’autres auraient des accès de fièvre. Il dit sentiment pour dédogmatiser et dérationaliser la religion, pour ne pas transformer la Transcendance inaccessible en objet. Il parlera plus tard, dans sa Dogmatique, d’un sentiment de dépendance inconditionnelle devant Dieu. On comprend alors que Tillich ait vu là une grande proximité avec sa notion de « préoccupation ultime » définissant la foi.

(D’après une recension de L. Gagnebin parue dans Évangile et liberté, Août 2004)

 

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  • Date de parution : 13 octobre 2004
  • ISBN : 978-2-911087-46-2
  • 20,00 €
  • 14 x 22,5 cm
  • 186 pages
  • 277 g